l’école de Shanghai au Musée Cernuschi, Paris

Moins d’une semaine pour une belle exposition dans un musée très très calme !

Comme à chaque exposition, je retiens deux ou trois choses qui m’ont marquée :

Shanghai entre la fin du XIX et le début du XX siècle devient riche et cosmopolite ; un esprit commercial, rapide, hyper-productif se reflète dans la peinture du mouvement qu’on appellera « l’école de Shanghai ».  A ce période le port de la ville s’ouvre aux échanges internationaux et non seulement le commerce fleurit, mais aussi la vie culturelle se concentre dans la région. Nombreux sont les artistes peintres et les calligraphes qui migrent à Shanghai fuyant les guerres internes de la Chine de l’époque.

Shanghai voit alors la création d’associations d’artistes peintres et calligraphes avec des statuts assez modernes. Ces nouveaux collectifs d’artistes remplacent les cercles littéraires traditionnels; les sièges des associations servent de boutiques, de galeries, de centres canalisateurs pour les adhérents. Le fonctionnement de ces associations change radicalement le statut de l’artiste. Se transforme aussi le rapport entre l’œuvre et le public, entre l’œuvre et sa finalité, l’œuvre et ses rapports avec des valeurs telles que la religion et l’argent…et ça se voit !

J’ai forcement pensé à Walter Benjamin pour ses considérations sur l’aura et la valeur de l’œuvre comme objet commercial, mais peut-être j’ai poussé le bouchon un peu trop loin.

Je vous renvoie à l’article de Li Weikung « Les activités associatives de l’école de Shanghai » dans le catalogue de l’exposition.

Tableau comparatif des associations de Shanghai et des cercles littéraires traditionnels (catalogue de l'exposition)

Tableau comparatif des associations de Shanghai et des cercles littéraires traditionnels (catalogue de l’exposition)

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La majorité des œuvres de «l’école de Shanghai» a un trait assez nerveux et libre. L’analyse du commissaire de l’exposition Eric Lefebvre à ce sujet est assez éclairante. Il pointe l’attention sur l’intérêt renouvelé des artistes du XIX et XX siècle pour l’écriture archaïque chinoise (le style sigillaire) et la gravure des sceaux.

Pour avoir passée un année entière à m’entraîner sur un texte gravé sur un des 10 tambours de pierre de la dynastie de Zhou  (石鼓文 せっこぶん environ 1500–206 av. J-C), je peux dire quant cette écriture est porteuse d’une force et d’une beauté primitives qui influencent tout naturellement la façon de peindre et de concevoir les symboles de celui qui la pratique !

Un morceau d'un des textes gravés sur les 10 tambours de pierre. 石鼓文 - せっこぶん - Seccobun - 汧殹鼓

Un morceau d’un des textes gravés sur les 10 tambours de pierre. 石鼓文 – せっこぶん – Seccobun – 汧殹鼓

Pour finir cette courte note :

Xugi (1823- 1896) est l’artiste qui m’a plu le plus pour sa simplicité et l’utilisation délicatement fade de la couleur.

De : Album de paysages et de personnages - Album aux motifs végétaux et animaliers

De : Album de paysages et de personnages – Album aux motifs végétaux et animaliers

Si vous n’avez pas eu l’occasion d’aller voir cette exposition, vous avez le temps jusqu’à dimanche 30 juin 2013.

samedi 29 juin à 15h : Démonstration de calligraphie et de peinture à l’encre de Chine par Lee Young-Sé

Après quoi, on devra attendre la prochaine !

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